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Migrants : Londres implore la France de renforcer ses moyens sur les côtes

Cette actualité est la propriété de: Les Echos

Boris Johnson, le Premier ministre britannique appelle la France à reprendre tous les migrants qui traversent la Manche. Londres affirme avoir fait à plusieurs reprises des propositions à la France pour renforcer la surveillance sur les côtes. Le gouvernement joue gros sur le dossier de l’immigration, alors qu’il a été élu sur la promesse de « reprendre le contrôle » après le Brexit.

Face à l’augmentation des traversées illégales dans la Manche, les Britanniques ont manifesté de manière répétée leur volonté de voir la France s’attaquer avec plus de fermeté à ce trafic. Au lendemain du dramatique naufrage au large des côtes , les Unes des quotidiens jeudi matin, avec la photo d’un bateau pneumatique chargé de migrants en train de prendre la mer à quelques mètres d’une voiture de police française, n’a pu que renforcer ce sentiment d’impatience.

« Ce qui est arrivé hier était un choc terrible. Ce n’était pas une surprise, mais cela rappelle à quel point ces personnes vulnérables sont mises en danger entre les mains des passeurs », a déclaré la ministre de l’Intérieur, Priti Patel, dans une allocution à la Chambre des communes.

Interpellée à plusieurs reprises sur la façon dont le gouvernement pouvait mettre la pression sur la France, la ministre a répondu, à l’unisson avec le Premier ministre Boris Johnson, que plusieurs offres avaient été faites à Paris, qu’il s’agisse de moyens techniques, de patrouilles communes, d’un accord pour définir les conditions de renvoi des migrants ou d’utilisation de détecteurs et de radars. « C’est une crise migratoire mondiale » face à laquelle « il n’y a pas de solution rapide à ce problème de long terme », a-t-elle défendu.

Boris Johnson a demandé au président Emmanuel Macron de reprendre les migrants arrivant en Angleterre depuis la France. «Je propose que nous mettions en place un accord bilatéral de réadmission pour permettre le retour de tous les migrants illégaux qui traversent la Manche», a détaillé le dirigeant britannique dans une lettre à son homologue, publiée sur Twitter.

« Reprendre le contrôle »

La ministre de l’Intérieur joue gros sur le dossier de l’immigration , alors que son gouvernement a été élu sur la promesse de « reprendre le contrôle » après le Brexit. Si la sortie de l’Union européenne a mis fin à la libre circulation, elle n’a pas apporté de solution à l’immigration illégale, voire elle a fragilisé certaines mesures en place. Quoiqu’imparfait, le règlement de Dublin, qui prévoit le renvoi des demandeurs d’asile déboutés dans le premier pays d’entrée au sein de l’UE, ne s’applique plus.

Londres cherche à nouer des accords bilatéraux avec chaque partenaire européen. Mais la France rejette cette proposition, souhaitant que la question soit traitée au niveau de l’Union européenne .

Position fragilisée

La position de Priti Patel dans le gouvernement a été fragilisée par ces traversées illégales dans la Manche qui auraient concerné plus de 25.000 personnes depuis le début de l’année, un chiffre record. Elle est d’autant plus exposée qu’elle défend actuellement un projet de loi au parlement visant à durcir les règles d’asile.

L’immigration est redevenue une préoccupation dans l’opinion, alors que le sujet avait perdu du terrain pendant la pandémie. Un récent sondage Yougov montre que l’immigration s’est hissée parmi les trois questions les plus importantes aux yeux des Britanniques. Elle a été citée par 34 % de la population dans ce sondage, un score en hausse de 11 points sur un mois.

Cela suffit à renforcer les craintes des conservateurs face à un éventuel retour de Nigel Farage ou de l’arrivée d’un autre parti d’extrême droite sur la scène politique. L’ex-leader du parti UKIP a laissé entendre au « Telegraph » qu’il envisageait de revenir en politique. D’où l’insistance de la ministre de l’Intérieur, qui affirme avoir fait « constamment des propositions à la France ». « Le statut quo ne peut plus durer, dit-elle. Ceci est parfaitement compris côté français. »

Source: Les Echos

L’actu Araújo Ibarra

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