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Sobriété énergétique : le difficile découplage entre activité économique et émissions de gaz à effet de serre

Cette actualité est la propriété de: Le Monde

Atteindre la neutralité carbone en 2050 ne sera possible qu’à condition que le monde réussisse à décorréler l’évolution du produit intérieur brut des émissions de CO₂. Si l’Union européenne peut y parvenir, nombre d’Etats en sont encore loin.

Peut-on continuer à produire et à consommer plus sans polluer la planète ? Peut-être, à condition de parvenir à dissocier la croissance économique des émissions de dioxyde de carbone (CO2) : tel est l’un des leviers sur lesquels l’Union européenne (UE), entre autres, mise aujourd’hui pour atteindre la neutralité carbone au milieu du siècle. Dans le Green Deal (« pacte vert »), élaboré en 2021, elle affiche clairement son ambition d’être « le premier continent neutre pour le climat », en décorrélant l’évolution du produit intérieur brut (PIB) « de l’utilisation des ressources ».

Alors que, au cours des derniers siècles, la prospérité globale s’est fondée sur un recours exponentiel aux ressources naturelles, le pari est audacieux, mais pas impossible. Depuis plusieurs décennies, la croissance des émissions de gaz à effet de serre est en effet moins rapide que la croissance du PIB. Il faudra néanmoins aller beaucoup plus loin. « L’objectif est d’obtenir un découplage absolu : les prélèvements sur la nature et la pollution doivent baisser », rappellent Alain Grandjean, économiste et associé fondateur de Carbone 4, cabinet spécialiste de ces questions, et Marion Cohen, cofondatrice avec lui du site TheOtherEconomy.com, dans un article publié en mars.

Quelques pays ou régions du monde sont parvenus à ce découplage absolu dans un passé récent. Au sein de l’UE, en particulier, les émissions de CO2 ont atteint un pic à la fin des années 1970. Grâce aux progrès technologiques, aux efforts déployés pour diminuer l’intensité énergétique de l’appareil productif, mais aussi en raison du poids croissant des services dans l’économie, elles ont, depuis, diminué d’environ 25 %, tandis que les Etats membres ont continué à prospérer. Mais, là encore, ce résultat est à relativiser fortement. Car les gaz à effet de serre ne connaissent pas les frontières.

Source: Le Monde

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