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« Une politique volontaire de transparence des GAFA peut se tourner en avantage »

Cette actualité est la propriété de: Le Monde

Malgré des demandes de plus en plus pressantes de certaines autorités et de l’opinion publique, l’opacité des comptes et des données reste la norme chez les géants du numérique, constate dans sa chronique Alexandre Piquard, journaliste au « Monde ».

Chronique. La « transparence » est en vogue. Les gouvernements la réclament des entreprises et les géants du numérique la prônent dans leurs discours. Certes, elle n’est pas un but en soi. Il est compréhensible que des dirigeants veuillent garder des secrets, car l’information est un pouvoir et publier des données peut être un risque. Il n’empêche, les GAFA – Google, Apple, Facebook et Amazon, voire Netflix, etc. – pourraient faire davantage d’efforts pour être moins opaques.

On manque de chiffres basiques. Aucun des géants du numérique américain ne publie volontairement son chiffre d’affaires, son bénéfice et son impôt sur les sociétés en France – des indicateurs disponibles pour les sociétés françaises du CAC 40.

Dans l’univers des médias, certains contrastes sont saisissants : Amazon ne donne pas le nombre d’abonnés français à son offre de fidélité Prime, qui donne accès à son service Prime Video ou à Amazon Music (le chiffre mondial, 200 millions, a été mis à jour en avril après seize mois sans changement). Le nombre de vues des films et séries n’est pas connu, pas plus que sur Netflix. Alors que les chaînes de télévision, les salles de cinéma ou les journaux publient tous leur audience, certifiée par des tiers.

Garder le contrôle

Les chiffres d’activité ne sont pas toujours détaillés, ce qui gêne pour apprécier les questions de concurrence autour de ces groupes très diversifiés. Ainsi, on ne connaît pas les chiffres d’affaires français des branches d’hébergement dans le cloud (l’informatique dématérialisée) d’Amazon ou Google. La question se pose parfois au niveau global : Apple ne publie pas le chiffre d’affaires de son magasin d’applications App Store et assure ne pas pouvoir calculer sa rentabilité.

L’opacité est aussi un reproche fréquent dans le domaine des algorithmes, toujours plus présents dans nos vies mais toujours plus complexes. Dans son rapport sur l’exécution de la loi sur les infox, qui imposait un devoir de transparence, le Conseil supérieur de l’audiovisuel a jugé les plates-formes trop avares en informations. Dans un autre secteur, la Commission européenne enquête sur les critères d’attribution du bouton « acheter » sur le site d’Amazon.

Source: Le Monde

L’actu Araújo Ibarra

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