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Von der Leyen plaide pour une Europe plus verte, plus technologique et plus ferme

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La présidente de la Commission européenne a prononcé son premier « discours sur l’Etat de l’Union », exercice rituel servant à fixer le cap de l’Union. Tout en cherchant à incarner le projet européen, elle a détaillé les grands chantiers qu’elle entend pousser.

Une allocution claire mais sans grande surprise. Pour son premier « discours sur l’Etat de l’Union » , exercice annuel par lequel chaque président de la Commission européenne présente, tous les mois de septembre, sa vision et ses projets pour l’Europe, Ursula von der Leyen a promis d’accélérer la cadence. En s’en tenant aux trois grands axes qui, depuis sa prise de fonctions, ont défini sa politique : une Europe plus écologique, plus technologique, et plus ferme au plan géopolitique.

Incarner l’Europe

Sur la forme, la présidente de la Commission a cherché à incarner son propos autant que possible. Pour faire descendre l’Union de sa légendaire froideur technocratique, elle a rendu un hommage appuyé à tous ceux qui ont continué à travailler pendant le confinement, et longuement cité les exemples de plusieurs jeunes réfugiés ayant pu mettre à profit leurs compétences en Europe. Elle s’est également consacrée à défendre la cause des minorités sexuelles, ethniques ou religieuses. Un discours très « compassionnel » juge Yves Bertoncini, vice-président du Mouvement Européen.

C’est d’abord à la pandémie qu’elle a consacré son propos. Avec une revendication forte : il est temps de construire une véritable Europe de la santé, quitte à transférer certaines compétences au niveau supranational. Un petit coup de griffe à l’attention des Etats membres qui, dans leur négociation sur le prochain budget européen, ont finalement rogné cette ambition.

Le carbone doit avoir un prix

En matière climatique, l’ancienne ministre allemande a proposé de renforcer les ambitions européennes . Pour atteindre l’objectif de la neutralité carbone à l’horizon 2050, il faudra viser une baisse des émissions de gaz à effet de serre de 55 % au moins à l’horizon 2030 (par rapport à 1990). Balayant l’idée qu’un tel projet puisse nuire à la croissance économique, elle a rappelé que « les émissions ont baissé de 25 % depuis 1990, tandis que le PIB augmentait de plus de 60 % ». Il faudra dès lors que 30 % des fonds utilisés dans le cadre du plan de relance européen soient empruntés via des obligations vertes. Cela passera notamment par un effort sur la rénovation thermique des bâtiments, mais également par un investissement ambitieux autour des technologies de l’hydrogène. « Le carbone doit avoir un prix car la nature ne peut plus payer ce prix », a résumé la présidente en plaidant pour une taxe carbone aux frontières.

Sur le plan numérique, l’Europe doit « agir maintenant » sans quoi « d’autres agiront avant nous et fixeront les normes », a plaidé Ursula von der Leyen. Elle a notamment appelé à mettre l’accent sur les données industrielles, un secteur sur lequel l’Europe est « aux avant-postes ». Citant également l’intelligence artificielle, la locataire du Berlaymont a promis de mettre en place, pour chaque citoyen de l’UE, une « identité numérique européenne » qui « pourra être utilisée partout en Europe pour tout faire, louer un vélo ou payer ses impôts ». Et de plaider, en pleine polémique française sur la 5G, pour cette technologie ainsi que la 6G et la fibre optique, en visant notamment le déploiement du haut débit en zone rurale.

Loi Magniski

Quant au rôle de l’Europe dans le monde, il doit continuer à servir la cause du multilatéralisme. Si « des grandes puissances se retirent des institutions ou les prennent en otage », il faut au contraire les renforcer : « la nécessité de revitaliser le système multilatéral n’a jamais été aussi urgente ». Pour rendre possible la « mondialisation juste » qu’elle veut promouvoir, la présidente de l’institution a promis une proposition de taxe sur les entreprises numériques en début d’année prochaine si l’OCDE ne parvient pas, d’ici là, à s’entendre sur ce sujet.

A l’égard de la Chine , enfin, il faut non seulement exiger la « réciprocité » sur le plan économique, mais ne rien céder sur les valeurs. La présidente de la Commission a eu droit aux applaudissements des eurodéputés lorsqu’elle a mentionné le sort de Hong Kong et des Ouïghours. Et elle a promis de proposer rapidement un dispositif comparable au « Magniski act » qui, aux Etats-Unis, permet de sanctionner des responsables étrangers coupables de violation des droits de l’homme ou de corruption.

Source: Les Echos

L’actu Araújo Ibarra

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